Autour de Spiennes

un blog des mines préhistoriques et du Néolithique en Belgique

13 octobre 2007

Exposition “Les traverses du temps. ArchĂ©ologie et TGV”

ClassĂ© dans : Expositions et Visites — HĂ©lène Collet @ 10:10

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La fouille du site palĂ©olithique ‘En Bia Flo I’,
à Remicourt, réalisée sous chapiteau
(photo D. Bosquet © IRScNB).

L’exposition “Les traverses du temps. ArchĂ©ologie et TGV” prĂ©sente Ă  Liège, du 11 octobre au 18 novembre 2007, les dĂ©couvertes effectuĂ©es lors des fouilles archĂ©ologiques prĂ©alables Ă  la construction de la ligne Ă  grande vitesse entre Bruxelles et la frontière allemande. L’exposition sera ensuite prĂ©sentĂ©e Ă  Eupen et Ă  HĂ©lĂ©cine.
L’exposition permet de se rendre compte de la quantitĂ© de sites archĂ©ologiques que recèle notre sous-sol. Lors de ces fouilles, plusieurs villages du NĂ©olithique ancien furent mis au jour en Hesbaye. Une occupation humaine vieille de 100 000 ans fut Ă©galement fouillĂ©e ainsi que d’importants vestiges d’autres pĂ©riodes.

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Maison néolithique à Podrî l’Cortrî à Fexhe-le-Haut-Clocher,
définie au sol par les empreintes des trous de poteaux
(vue prise par ballon captif P.-P. Sartieaux © MRW).

Ces dĂ©couvertes ne sont pas fortuites, elles furent rendues possibles par la rĂ©alisation de sondages systĂ©matiques tout le long du tracĂ©, avant le dĂ©but des travaux de construction. Ceux-ci permirent de diagnostiquer la prĂ©sence ou l’absence de vestiges archĂ©ologiques, d’estimer leur importance et de choisir quelles Ă©taient les zones majeures oĂą une fouille archĂ©ologique devait ĂŞtre impĂ©rativement rĂ©alisĂ©e.

Ces fouilles systĂ©matiques furent Ă©galement rendues possibles car la SNCB a payĂ© les fouilles archĂ©ologiques. Ce principe de “l’amĂ©nageur payeur” est appliquĂ© dans de nombreux pays limitrophes tels que la France et les Pays-Bas. Lors de la prĂ©sentation de l’exposition, les archĂ©ologues ont souhaitĂ© que ce système d’amĂ©nageur payeur puisse aussi se gĂ©nĂ©raliser chez nous.

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Chantier archéologique à Crenwick, Berloz (photo C.Goffioul © MRW).

Un compte rendu de l’exposition est paru dans la Libre Belgique. Vous pouvez le consulter Ă  partir d’ici.

Les traverses du temps. Archéologie et TGV
Du 11 octobre au 18 novembre 2007, du mardi au dimanche, entre 11h et 17h30
Entrée libre
Eglise saint-André, place du marché 27 à Liège

Pour en savoir plus vous pouvez aussi consulter le dossier de presse ci-dessous. Enfin, un tout grand merci Ă  l’Ă©quipe TGV qui nous a fourni ces documents

Les Traverses du Temps

Archéologie et TGV

L’exposition a été inaugurée le 10 octobre 2007 par
Jean-Claude Marcourt, Ministre wallon en charge du Patrimoine,
Luc Lallemand, Administrateur délégué d’Infrabel
Danielle Sarlet, Directrice générale de l’Aménagement du Territoire,
du Logement et du Patrimoine du Ministère de la Région wallonne,
Michel Firket, Premier Échevin, Échevin de l’Urbanisme, de l’Environnement, du Tourisme et du Développement durable de la Ville de Liège

L’exposition est conçue et organisée
par la Direction de l’Archéologie et le Service de l’Archéologie de la Direction de Liège I,
de la Direction gĂ©nĂ©rale de l’AmĂ©nagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine
du Ministère de la Région wallonne,
en collaboration avec l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.
Elle bénéficie de l’appui de la Communauté germanophone et du partenariat d’Infrabel.

L’exposition est présentée à
 Liège, Église Saint-André, place du Marché, 27, du 11 octobre au 18 novembre 2007, du mardi au dimanche de 11h à 17h30.
ď‚· Eupen, Belgischer Rundfunk, Kehrweg, 11, du 19 janvier au 9 mars 2008, du mardi au dimanche de 11h Ă  17h.
 Hélécine, Domaine provincial, rue Armand Dewolf, 2, du 24 mars au 23 avril 2008, du mardi au dimanche de 11h à 17h.
Entrée libre.

Opération d’archéologie préventive et partenariats

À l’occasion des travaux d’infrastructure de la ligne à grande vitesse traversant la Belgique, deux opérations archéologiques d’envergure se sont succédé en territoire wallon, afin d’enregistrer les traces du passé avant leur destruction.
La première fut réalisée entre la frontière française et Tubize. La seconde, menée sur les tronçons entre Hélécine et Ans puis entre Soumagne et Raeren, fait l’objet de la présente exposition. L’ensemble des interventions repose sur un partenariat entre le Groupe SNCB et la Région wallonne. Pour ce projet, la Communauté germanophone, compétente pour les fouilles à mener sur son territoire, a choisi de confier les travaux archéologiques à la Direction de l’Archéologie de la Région wallonne. L’intervention menée de façon intermittente sur le tracé oriental de la ligne s’est ainsi étirée de 1995 à 2003.
Enfin, les archéologues wallons et flamands ont aussi pu partager leur savoir-faire et confronter leurs résultats, puisque entre Hélécine et Liège la ligne à grande vitesse parcourt les territoires des deux régions. Ainsi l’ensemble des projets archéologiques offre une certaine unité.

Associés à l’opération archéologique, des spécialistes contribuent à l’interprétation et la datation des vestiges. Ils analysent les composants botaniques, zoologiques, minéraux ou anthropiques présents dans le sédiment archéologique, examinent le matériel archéologique par des études céramologiques, numismatiques ou encore tracéologiques, et appliquent différentes méthodes de datations radiométriques et physico-chimiques.

Des fouilles à l’exposition

Quelque 149 secteurs archéologiques d’importance variable ont été évalués par des sondages systématiques : cette étape permet de circonscrire les vestiges et d’en apprécier la conservation. Les archéologues entreprennent ensuite des décapages extensifs sur les sites sélectionnés et fouillent les structures mises au jour.
Sur le terrain, les archéologues ont travaillé en concertation étroite avec la société Tuc Rail, chargée de la réalisation du projet TGV. Cette collaboration s’est avérée exemplaire.
L’exposition veut témoigner de la richesse des résultats obtenus et traduire l’avancement des premières interprétations. Elle inscrit les sites dans six thématiques liées au développement des paysages, à la vie quotidienne et à l’organisation des sociétés au cours des temps : « Climats et Paysages », « Territoires », « Architecture, « Alimentation », « Matières premières », « Corps et Esprit ».
Le projet ferroviaire et l’opération archéologique y sont expliqués : partenariats, fouille et méthodes archéologiques. La présentation est complétée par un aperçu des sciences naturelles et disciplines qui contribuent à la compréhension des sites et de leurs contextes.
Une cartographie situe les secteurs explorés et pointe sur l’itinéraire de la ligne 37 sites plus amplement décrits et illustrés sur des fiches, avec leurs références chronologiques et thématiques.

Quelques résultats

Le site de En Bia Flo I, à Remicourt, est le plus ancien retrouvé : il correspond à un campement de Néandertaliens datant de quelque 80.000 ans. Une séquence géologique y offre en outre une quantité d’informations sur le climat et l’environnement des derniers 130.000 ans, dont l’interprétation documente le thème « Climats et Paysages ».

Les territoires et leurs évolutions aux différentes périodes sont largement illustrés. Citons l’impact des populations néolithiques sédentaires originaires d’Europe centrale, avec leurs villages organisés et parfois entourés d’une enceinte ainsi que leurs maisons aux plans standardisés, ou encore les occupations gallo-romaines près de grands axes routiers, les traces de parcellaires structurant les espaces, jusqu’aux implantations caractéristiques des fermes en Pays de Herve.
Les architectures sont également mises en évidence par les maquettes d’une maison néolithique et d’une ferme du Pays de Herve.

L’exploitation des matières premières, leur transformation, les gestes et modes opératoires renvoient à des occupations de toutes périodes. L’outillage en silex des sites préhistoriques, le façonnage de la céramique néolithique sur les sites de Hesbaye, la fabrication textile sur le site de l’Âge du Fer du Tierceau à Orp-Jauche ou l’exemple de l’atelier de réduction de minerai de fer gallo-romain de Krompelberg, à Lontzen, évoquent la diversité des activités rencontrées.

Le thème de l’alimentation apporte son lot d’informations sur l’approvisionnement en viande ou végétaux, le stockage et la préparation des aliments à travers les temps. Les sites étudiés ont livré de nombreux restes alimentaires ou des traces de boucherie que les spécialistes des sciences naturelles ont identifiés. Une présentation de la vaisselle de table rassemble par période chronologique les céramiques des différents sites.

Dépôt rituel à Fexhe-le-Haut-Clocher, sur le site gallo-romain de Petite Campagne, réflexions à propos de la construction des enceintes néolithiques, valeur de certaines céramiques décorées, parures et bijoux composent un thème qui apporte une dimension esthétique et symbolique aux interprétations des découvertes présentées.

Heike Fock et Hélène Remy
Archéologues chargées de la coordination
Service de l’Archéologie Direction de Liège I et Direction de l’Archéologie
Direction générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine
Ministère de la Région wallonne

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