Du 15 mai au 30 octobre 2009 : exposition « Les premiers Valenciennois ». DĂ©couverte d’un site du NĂ©olithique final Ă Valenciennes (vers 2700 ans av. J.-C.)
Du 15 mai au 30 octobre 2009, l’HĂ´tel de Ville de Valenciennes accueille une exposition intitulĂ©e « Les premiers Valenciennois. DĂ©couverte d’un site du NĂ©olithique final Ă Valenciennes (vers 2700 ans av. J.-C.) ».
Les fouilles archéologiques de la rue Jean Bernier à Valenciennes menées en 2006 et 2007 par le Service archéologique de Valenciennes (dir. Ph. Beaussart) en collaboration avec le Centre de Recherches d’Archéologie Nationale de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (dir. Raymond Brulet) ont permis la mise au jour d’un site de premier plan du Néolithique final. Il s’inscrit dans l’unité culturelle que représente le Deûle-Escaut.
Il y a environ 5000 ans, des hommes néolithiques se sont installés sur le versant oriental de la vallée de l’Escaut, à proximité d’un bassin naturel parsemé d’îlots. Ils ont ainsi disposés d’une réserve d’eau utile pour les activités domestiques et initialement, pour la pêcherie. Les traces relevées sur le versant et sur la berge de la dépression sont de trois types : fosses, trous de poteaux et aménagements de berge (fossés de drainage). Ces fosses illustrent bien une zone d’activité domestique sur le bas de versant, probablement à proximité d’un habitat pérenne.
Mais le site a également livré aux archéologues l’exceptionnel témoignage d’un traitement de la mort inédit au Néolithique grâce à la découverte de nombreux ossements humains jetés ou déposés le long de la berge parmi des rejets domestiques denses et de sept individus en connexion anatomique au sommet des îlots. L’étude anthropologique a permis de définir deux types de dépôts : secondaire et primaire. Dans les deux cas, il s’agit de dépôts volontaires dont la mise en scène de trois mandibules orientées ouest-est et placées de manière équidistante sur la berge, complète le caractère singulier du site puisqu’à ce jour, la présence d’ossements humains en milieu aquatique au Néolithique où l’inhumation prévaut, ne trouve aucun comparaison, même internationale.
En outre, les données relatives au recrutement de la population exhumée du site indiquent la présence presque exclusive d’individus matures de sexe masculin, âgés entre 30 et 40 ans, souffrant de carences en vitamines D. L’étude témoigne donc d’une homogénéité entre les individus.
La relation étroite existante entre l’espace domestique et les corps en décomposition revêt un caractère difficilement compréhensible pour notre vision moderne.
L’exposition présentera les conditions difficiles de la fouille menée en milieu humide ainsi que la synthèse des études archéologiques, géomorphologiques, palynologiques, malacologiques, archéozoologiques et anthropologiques. Elle rassemble toutes les découvertes matérielles (céramique, industries lithique et osseuse) ainsi que les ossements humains découverts.
Renseignements pratiques : l’exposition est accessible durant les heures d’ouverture de la mairie. L’entrĂ©e est libre. Visites guidĂ©es les lundis, mardis, jeudis et vendredis Ă 15 heures. Renseignements – 0033 (0)3 27 22 43 63.
Voir aussi l’article consacrĂ© au vernissage de cette exposition dans le journal la Voix du Nord.
Remerciements : tous nos remerciements à Marianne Deckers, archéologue pour la fouille de la rue Jean Bernier, qui nous a transmis ces informations.