Retour sur la rĂ©volution nĂ©olithique dans le monde – Grèce et Balkans : deux voies distinctes de pĂ©nĂ©tration du NĂ©olithique en Europe

En octobre 2008 a eu lieu un colloque international intitulĂ© « La rĂ©volution nĂ©olithique dans le monde, aux origines de l’emprise humaine sur le vivant » organisĂ© par la CitĂ© des sciences et de l’industrie et l’Inrap (je vous recommande chaudement les actes du colloque). Via une sĂ©rie de vidĂ©os rĂ©alisĂ©es tout au long de la rencontre, je vous propose de (re-)dĂ©couvrir les diffĂ©rentes communications qui s’attachent donc exclusivement au phĂ©nomène nĂ©olithique.
Cette semaine, nous allons reparler du processus de NĂ©olithisation de l’Europe via une confĂ©rence de Catherine Perles (Paris X, Nanterre) intitulĂ©e Grèce et Balkans : deux voies distinctes de pĂ©nĂ©tration du NĂ©olithique en Europe.
L’origine proche-orientale des espèces domestiques animales et vĂ©gĂ©tales du NĂ©olithique europĂ©en a Ă©tĂ© depuis longtemps Ă©tablie d’après la distribution des populations sauvages, et plus rĂ©cemment appuyĂ©e par les analyses. De la mĂŞme façon, la gĂ©nĂ©tique des populations humaines a confirmĂ© un influx de groupes originaires du Proche-Orient et de l’Anatolie, ce que laissaient dĂ©jĂ penser les donnĂ©es archĂ©ologiques. Ceci posĂ©, l’origine exacte de ces groupes et les voies de pĂ©nĂ©tration vers l’Europe posent encore problèmes. Les donnĂ©es et arguments qui seront prĂ©sentĂ©s relèvent d’une recherche en cours qui est loin d’ĂŞtre aboutie. Il est possible, Ă l’heure actuelle, d’argumenter en faveur de deux voies de pĂ©nĂ©tration distinctes, l’une continentale de l’Anatolie vers la Bulgarie, l’autre maritime vers la Grèce et la CrĂŞte. Si le premier axe peut ĂŞtre suivi archĂ©ologiquement avec une prĂ©cision satisfaisante, il reste Ă documenter l’origine, ou plus vraisemblablement les origines gĂ©ographiques et culturelles de ce dernier axe de colonisation. Ces difficultĂ©s mĂŞmes tĂ©moignent vraisemblablement de la diversitĂ© et la complexitĂ© de ces phĂ©nomènes de colonisation, que les interactions avec les groupes locaux rendent encore plus difficiles Ă dĂ©crypter.
Source : INRAP