Autour de Spiennes

Le blog des mines néolithiques de Spiennes et de l'archéologie en Wallonie

11 octobre 2012

Retour sur la rĂ©volution nĂ©olithique dans le monde – La rĂ©volution nĂ©olithique et les mythologies de la faute

Filed under: Films sur le Web,NĂ©olithique — Jean-Philippe Collin @ 0:00


En octobre 2008 a eu lieu un colloque international intitulĂ© « La rĂ©volution nĂ©olithique dans le monde, aux origines de l’emprise humaine sur le vivant » organisĂ© par la CitĂ© des sciences et de l’industrie et l’Inrap (je vous recommande chaudement les actes du colloque). Via une sĂ©rie de vidĂ©os rĂ©alisĂ©es tout au long de la rencontre, je vous propose de (re-)dĂ©couvrir les diffĂ©rentes communications qui s’attachent donc exclusivement au phĂ©nomène nĂ©olithique.

Cette semaine, je vous propose une confĂ©rence de Roland Schaer (CitĂ© des sciences et de l’industrie), intitulĂ©e La rĂ©volution nĂ©olithique et les mythologies de la faute.


Quelques textes fondamentaux de notre tradition culturelle portent en eux la «trace mnĂ©sique» de la rĂ©volution nĂ©olithique. Ainsi en est-il de la Genèse, qui raconte un Ă©vĂ©nement fondateur au cours duquel Adam et Eve, chassĂ©s du jardin d’Eden, se voient contraints de tirer de la terre leur subsistance « Ă  la sueur de leurs visages », et engendrent CaĂŻn le cultivateur et Abel le pasteur. Ainsi en est-il de plusieurs textes d’HĂ©siode, ceux qui Ă©voquent l’Age d’Or, oĂą les hommes Ă©taient les commensaux des dieux et menaient une vie d’oisivetĂ©, ou ceux qui racontent la querelle entre Zeus et PromĂ©thĂ©e, Ă©pisode qui inaugure un nouveau « partage » entre immortels et mortels. L’objet de ces rĂ©cits, c’est la construction d’une ontologie « verticale », d’une Ă©chelle des ĂŞtres qui place l’humain au milieu, entre le divin et l’animal. Dominant dĂ©sormais le monde des autres vivants, eux-mĂŞmes hiĂ©rarchisĂ©s entre domestiques et sauvages, l’homme s’arrache Ă  l’animalitĂ© pour accueillir une partie d’entre eux dans la sphère de la culture. Pour prix de cette exception, il se trouve placĂ© sous l’empire des dieux et rejetĂ© de l’ancienne proximitĂ©. Il porte dĂ©sormais le poids de sa condition de mortel. Pourquoi, pour lĂ©gitimer cette emprise sur des vivants, faut-il que cette nouvelle condition soit le châtiment d’une faute ?

Source : INRAP

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