Autour de Spiennes

Le blog des mines néolithiques de Spiennes et de l'archéologie en Wallonie

17 août 2017

Compte rendu de l’excursion de la SRPH du 15 aoĂ»t 2017 Ă  Ath, organisĂ©e avec le concours du SPW (DĂ©partement du Patrimoine) et de l’IRSNB

Filed under: Expositions, Visites et Ă©vĂ©nements — HĂ©lène Collet @ 11:11


Beau succès pour notre excursion du mardi 15 aoĂ»t 2017. Ce sont 25 participants, amateurs et spĂ©cialistes en archĂ©ologie, qui se sont donnĂ© rendez-vous ce mardi 15 aoĂ»t 2017 pour visiter le chantier de fouille archĂ©ologique du « Chemin des Haleurs » Ă  Ath, quelques jours avant la clĂ´ture du chantier. Il s’agit en effet de la troisième et dernière phase de fouilles prĂ©ventives rĂ©alisĂ©es par le DĂ©partement du Patrimoine du Service public de Wallonie avant la construction d’un lotissement Ă  l’entrĂ©e de la ville d’Ath. Cette annĂ©e la fouille est rĂ©alisĂ©e en Ă©troite collaboration avec l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Sur place nous avons été accueillis par Isabelle Deramaix, archéologue du SPW en charge des fouilles à Ath, et Solène Denis et Ivan Jadin, préhistoriens de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Ils nous ont présenté le résultat de leurs recherches et en particulier les vestiges d’un village du Néolithique ancien remontant à il y a 7000 ans.

Voici ci-dessous le compte rendu synthétique des principales découvertes par Isabelle Deramaix

« Les traces d’occupation humaine s’étendent sur environ 1ha. Il s’agit du plus grand village de cette période fouillé dans la région. D’autres sites sont en effet connus et ont été explorés partiellement notamment à Aubechies, Blicquy, Ellignies-Sainte-Anne, Irchonwelz et Ormeignies. Tous se situent dans le bassin de la Dendre occidentale. Celui des Haleurs est le premier découvert le long du bras oriental de ce cours d’eau.
Les fouilles qui se terminent ont livré des trous de poteaux et de nombreuses fosses. Les premiers sont les vestiges de la structure des habitations. Les secondes ont d’abord servi à extraire de l’argile pour les murs de ces maisons, puis ont servi de poubelles. Les objets de la vie quotidienne y sont donc retrouvés : fragment de céramique, silex taillés, meules pour moudre le grain, bracelets en schiste etc…
Durant le NĂ©olithique ancien, deux groupes culturels apportent l’agriculture dans nos rĂ©gions oĂą les terres sont fertiles. Le premier, appelĂ© rubanĂ© ou danubien, arrive chez nous après avoir traversĂ© les plaines du Danube. Le second appelĂ© Groupe de Blicquy (car dĂ©couvert pour la première fois Ă  Blicquy sur la commune de Leuze-en-Hainaut) est originaire du bassin parisien. Le site des Haleurs a la particularitĂ© de livrer, cĂ´te Ă  cĂ´te, des vestiges de ces deux cultures. Or jusqu’Ă  prĂ©sent les occupations de ces deux groupes Ă©taient distantes d’une centaine de mètres. L’étude complète du site permettra donc de mieux comprendre les relations entretenues par ces deux cultures nĂ©olithiques ; relations qui font dĂ©bat de longue date dans la communautĂ© scientifique tant belge que française.
L’autre apport des fouilles en cours est d’ordre plus historique pour la cité athoise. En effet, le lieu des découvertes se trouve à peine à 500 m du bourg primitif de la ville. Outre cette occupation préhistorique importante, des fosses d’époque romaine ainsi que médiévale ont été repérées. De même un tronçon du chemin primitif menant d’Ath vers Chièvres et Mons a été identifié. Quelques indices indiqueraient que ce dernier a été emprunté à l’époque romaine. Il y a donc une relative continuité d’occupation depuis la période néolithique. En conséquence, les populations mises en évidence par les fouilles actuelles sont probablement les premiers habitants d’Ath.
Enfin, plusieurs tranchées liées aux sièges que la ville a subis entre la fin du 17e siècle et le milieu du 18e siècle ont été mise au jour. »


La journée s’est poursuivie par un casse-croûte convivial organisé à la Casa des Géants avant de rejoindre le musée de la pierre de Maffle par le chemin de halage et les bois qui longent les anciennes carrières. Au musée de la pierre, Michel Hennebert, géologue à l’UMons et administrateur de la SRPH, nous a tout raconté sur le petit granit (qui en fait n’a rien à voir avec le granit) depuis sa formation jusqu’à son exploitation, de quoi ne plus regarder du même œil ce calcaire formé à partir de crinoïdes. La découverte du musée de la pierre de Maffle est une heureuse surprise. En effet, ce petit musée est très riche et sa présentation est très didactique.

Bref une sortie réussie à tous points de vue ! Encore merci à nos guides et à tous les participants !










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