La STGPA (Société tournaisienne de Géologie, Préhistoire et Archéologie) accueillera Solène Denis (Université Paris Nanterre, UMR 7055) ce samedi 20 janvier 2018 à 14h30 pour une conférence intitulée « Néolithisation et industries lithiques : les premiers paysans d’Europe du Nord-Ouest ».

Le Néolithique se développe en Europe tempérée avec la culture dite Rubané ou Céramique Linéaire. Cette grande entité diffuse depuis la Transdanubie (Hongrie) jusqu’au Bassin parisien (France). À l’échelle de l’Europe centre-occidentale, elle se caractérise par sa grande homogénéité (architecture, styles céramiques, pratiques funéraires…). En six siècles environ, entre 5600 et 5000 avant notre ère, les modes de vie néolithiques gagnent la plupart des régions du nord-ouest de l’Europe. Une rupture historique dans ce mouvement de colonisation est palpable à la charnière des VIe et Ve millénaire avant notre ère : le Rubané se morcelle en une mosaïque d’entités culturelles. Ainsi, entre 4950 à 4650 avant notre ère, une bonne part du nord de la France et de la Belgique est désormais occupée par des villages néolithiques d’une culture d’obédience danubienne dénommée Blicquy/Villeneuve-Saint-Germain (BQY/VSG). En Allemagne de l’Ouest, les cultures Hinkelstein et Grossgartach puis Planig-Friedberg/Rössen succèdent au Rubané et sont contemporaines du BQY/VSG. La particularité de cette aire géographique réside dans le fait que des occupations mésolithiques ont perduré jusqu’à la fin du Vè millénaire avant notre ère en Basse-Belgique. Ces Mésolithiques appartiennent à la culture Swifterbant qui s’étend jusqu’à la vallée de l’Escaut. Moins de 80 km séparent donc ces sites de ceux du groupe de Blicquy du Hainaut. Des témoins directs attestent de contacts entre ces trois entités. Comprendre les facteurs sociétaux liés à la disparition de la culture de la céramique linéaire et la naissance des cultures post-rubanées à travers une lecture anthropologique des assemblages lithiques est une approche novatrice. Le cadre théorique reliant les traditions techniques et les groupes sociaux permettra d’identifier les réseaux de transmission. Ces éléments clés contribueront à la compréhension des identités socioculturelles et des modèles de mobilité des premières communautés agro-pastorales d’Europe du Nord-Ouest.

Où? 
Musée d’Archéologie, rue des Carmes 8, 7500 Tournai

Quand? 
Samedi 20 janvier 2018, à 14h30

Cliché: visite du site Néolithique ancien de Ath « Chemin des Haleurs »©M. Woodbury