Spiennes : un Patrimoine mondial de l’Unesco
Extraction simple, en surface
Les hommes qui ont commencé à creuser des mines à Spiennes, il y a 6 000 ans, comptent parmi les plus anciens
mineurs de l’humanité. Ils venaient de découvrir un gisement riche et de qualité qui allait être exploité
pendant plus de 1 800 ans. Au total, une centaine d’hectares sera exploitée et des milliers de puits seront forés.
Grâce aux bons résultats de l’agriculture, les populations de la fin du 5ème millénaire et du 4ème
millénaire avant notre ère connaissent un essor démographique important. Les villages se multiplient
et les besoins en silex augmentent. L’outillage connaît lui aussi une évolution, qui voit, entre autres,
la naissance de la lame de hache du bûcheron en silex.
© M. Woodbury
3 haches : de la version taillée à la version polie
A Spiennes, l’exploitation du silex est née de ces besoins nouveaux. Les mineurs viennent
non seulement y extraire la matière première, mais la façonnent, en grande partie, sur place.
La production est orientée vers la fabrication de lames de hache aux dimensions et aux formes
standardisées.
Avec l’augmentation de cette production, le travail se spécialise… Les mineurs font preuve
d’une connaissance géologique étonnante. Ils connaissent la qualité des différents bancs comme
leur localisation dans le sous-sol. Ils n’hésitent pas à creuser jusqu’à 16 m de profondeur
pour aller chercher de grandes dalles de silex pesant plusieurs centaines de kilos. Ils
développent des systèmes d’exploitations souterraines, signe d’un savoir-faire légué par
une longue tradition.
Exploitation au Camp-à-Cayaux
Les outils produits à Spiennes se retrouvent dans des villages néolithiques éloignés de
plus de 70 kilomètres. Il est plausible d’imaginer que Spiennes était devenu un centre
spécialisé d’extraction et de fabrication à destination d’une vaste région.
Foudroyage de dalles de silex à Petit-à-Cayaux : après avoir placé des supports sous les dalles, le massif crayeux a été extrait; les mineurs font alors tomber les étançons, et cassent ainsi le silex en blocs plus maniables.
Les fosses font place à des mines, profondes de 8 à 11 mètres Les bancs de silex sont
extraits par le creusement de courtes galeries de 2 à 5 mètres de long partant du puits
d’accès. Un ensemble minier de 16 mètres de profondeur a même été découvert au lieu-dit
« Camp-à-Cayaux ». Là, des dalles de silex de près de 2 m de long ont été extraites
par une technique spéciale, le foudroyage.
Les minières néolithiques de Spiennes reflètent, au même titre que les autres
monuments repris sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, la capacité
d’invention des êtres humains. Le potentiel archéologique du site constitue un
réservoir de connaissance pour les générations futures et, à ce titre, mérite d’être préservé.
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